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24 février 2025

Jean-Philippe Thibault - jpthibault@medialo.ca

Les CAB suspendent leur accompagnement en transport

GASPÉSIE

CAB

©Regroupement des CAB de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine

Environ 1000 transports seront touchés en mars.

Les personnes de 65 ans et plus qui faisaient affaire avec leur centre d’action bénévole (CAB) pour un accompagnement en transport devront se trouver une autre option pendant tout le mois de mars.

Les huit organisations en Gaspésie ont décidé de suspendre le service en raison du manque de financement. Le CISSS de la Gaspésie aurait retiré son investissement annuel de 200 000$, laissant un grand vide à combler dans le financement des CAB de la région. Ceux-ci demandaient plutôt 350 000$, alors que le coût réel serait de 485 000$. Le vieillissement de la population, les grandes distances à parcourir et l’absence de transport en commun qui répond à ces besoins spécifiques sont identifiés comme facteurs contribuant à l’augmentation des coûts.

« La demande pour l’accompagnement transport ne cesse d’augmenter, et cette année, le CISSS de la Gaspésie a amputé l’aide financière accordée pour le maintenir. On ne peut pas continuer à absorber les coûts sans agir », résume Nancy Valois, directrice du CAB St-Alphonse-Nouvelle, et également présidente du Regroupement des CAB de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine. Environ 1000 transports seraient touchés en mars, selon les moyennes des années antérieures.

Service vital

 

Le service d’accompagnement en transport permet depuis 35 ans d’escorter une personne de 65 ans et plus pour un rendez-vous lié à la santé. Les accompagnateurs sont bénévoles de leur temps, mais obtiennent tout de même une compensation financière par kilomètre pour l’utilisation de leur véhicule. En contrepartie, les bénéficiaires paient entre 30% et 50% de la facture; un montant variable selon la distance à parcourir. Les sommes demandées servent à recruter, accueillir, former, encadrer et gérer le calendrier des bénévoles, qui sont davantage que des taxis.

« Notre population est vieillissante et les proches aidants en font déjà énormément […] La majorité de nos aînés n’ont pas d’autres moyens et on le sait que ça va avoir des répercussions. Ils sont souvent isolés, n’ont pas beaucoup de monde autour d’eux; le filet social est très mince. D’avoir un bénévole qui va le chercher chez lui, l’accompagne jusqu’à la porte, le rassure, c’est plus que nécessaire; c’est vital. Il y a un volet très humain », ajoute Nancy Valois.

L’an dernier, les bénévoles des CAB ont parcouru plus de 477 000 km pour accompagner des aînés lors de 4 871 rendez-vous partout en Gaspésie, et parfois même à Rimouski et à Québec. Pour maintenir le service coûteux, les CAB ont dû restreindre l’offre ces dernières années, en limitant le nombre de déplacements par bénéficiaires, ou encore en refusant les déplacements hors région.

La démarche est actuellement déployée en Gaspésie seulement, mais la Fédération des centres d’action bénévole du Québec – qui représente 120 organisations – aura à l’œil cette initiative, qu’elle supporte. « C’est un portrait qu’on peut étendre à toute la province, remarque le directeur, Alexandre Cauchon. Ce n’est pas une action nationale, mais on regarde très attentivement ce qui se passe en Gaspésie. Le service d’accompagnement transport est vraiment fragilisé. On le sait qu’ils ne font pas ça de gaieté de cœur, mais c’est un service sous-financé. »

Offre sur la table

 

Selon le CISSS de la Gaspésie, la décision des centres d’action bénévole touchera une soixantaine d’usagers pendant le mois de mars. L’organisation précise cependant que l’aide financière octroyée aux CAB n’a pas été amputée; que le financement global du Programme de soutien aux organismes communautaires a même été rehaussé pour l’année 2024-2025. Par communiqué, le CISSS explique que, exceptionnellement, l’an dernier, une somme d’urgence supplémentaire de 200 000$ a pu être offerte pour soutenir leur service, mais que « la situation a évolué au cours des derniers mois et le contexte financier actuel ne nous permet pas d’en faire autant cette année ».

Une offre de 80 000$ est toujours sur la table, alors que les CAB de la Gaspésie demandent 350 000$. Selon eux, cette orientation ne serait pas étrangère au déficit de quelque 40,7 millions de dollars à éponger au CISSS de la Gaspésie, dans le cadre des compressions de 1,5 milliard demandées par la nouvelle agence Santé Québec. « On déduit qu’on fait partie de ce décompte-là », résume Nancy Valois. Les bénéficiaires seront quant à eux contactés ou rencontrés dans les prochains jours pour les en informer.

Hôpital Gaspé

©Jean-Philippe Thibault - L'Avantage Gaspésien

Une somme de 80 000$ afin de maintenir l’offre de services est toujours sur la table, alors que les CAB de la Gaspésie demandent 350 000$.

Si la décision de suspendre le service est maintenue, le CISSS de la Gaspésie indique qu’il fera tout ce qui est possible pour atténuer les effets de cette décision sur la population. L’organisation invite les usagers touchés par la mesure et qui ne peuvent trouver eux-mêmes une alternative à contacter l’intervenant clinique responsable de leur dossier.

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