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03 avril 2025

Dominique Fortier - dfortier@medialo.ca

Après 36 ans au Centre Louise-Amélie, Monic Caron prend sa retraite

Monic Caron

©Photo Gracieuseté

Monic Caron, directrice du Centre Louise-Amélie.

La directrice du Centre Louise-Amélie, Monic Caron, a officiellement pris sa retraite après 36 ans de travail auprès des femmes victimes de violence conjugale.

Lorsqu’on pense à la défense des femmes victimes de violence conjugale, on pense immédiatement à Monic Caron et au Centre Louise-Amélie. Celle qui a commencé comme intervenante il y a 36 ans est rapidement devenue directrice de l’endroit à la suite du départ de Noëlla Thériault. « J’avais travaillé au centre de réadaptation en milieu scolaire puis dans un CLSC comme travailleuse de milieu auprès des personnes âgées. J’ai ensuite eu une opportunité au Centre Louise-Amélie. Comme le poste était à temps plein, j’ai décidé de faire le saut puisque c’est un milieu que j’avais brièvement fréquenté pendant mes stages à l’université. Je gagnais la moitié du salaire que je faisais dans le système public, donc on s’entend que c’est le cœur et non la tête qui m’a poussé à faire le saut », ajoute-t-elle en riant.

Elle n’a pas regretté son choix puisqu’elle aura finalement passé pratiquement l’ensemble de sa carrière au Centre Louise-Amélie. Ce qui lui plaisait du milieu communautaire, c’était la liberté d’agir et de développer les services en lien avec la mission. C’est ce qu’elle a fait. Au fil des années, différents programmes et outils ont été déployés sous sa gouverne.

Des réalisations importantes

On peut penser à la rénovation du centre pour y aménager de nouveaux lits dont une chambre adaptée aux personnes à mobilité réduite et un endroit plus spacieux pour les jeunes qui accompagnent leur maman pendant le séjour. Il y a également eu le volet cinéma qui a été important dans le parcours de Monic Caron alors qu’elle a collaboré avec le réalisateur André Melançon à la création d’une trilogie sur les violences faites aux femmes.

L’expertise du Centre Louise-Amélie sous la gouverne de Monic Caron a aussi été exportée en Europe alors que des formations ont été offertes à des intervenantes de l’autre côté de l’océan. Il y a aussi eu des stages qui ont permis à des intervenantes françaises de venir s’imprégner de la philosophie de la maison d’hébergement annemontoise.

Il y a également eu la création de l’Alliance gaspésienne des maisons d’aide et d’hébergement qui a insufflé une nouvelle énergie à Monic Caron. « C’était très nourrissant et ça nous a permis d’avoir un rayonnement provincial en plus de pouvoir créer de nouveaux programmes. »

La dernière réalisation importante a été la création de la maison de deuxième étape où les femmes vivent dans un logement avec un bureau d’intervenantes à l’étage. D’une durée plus longue, le séjour permet à la femme de remettre sa vie sur les rails et de préparer son retour en communauté.

C’est donc avec un sentiment de devoir accompli que Monic Caron a décidé de prendre sa retraite. « Je voulais me retirer pendant que j’aimais encore ce que je faisais et c’est le cas. Toutefois, la réalité des femmes violentées sera toujours une problématique que j’aurai de tatouée sur le cœur. »

Elle ne sera pas bien loin du milieu dans lequel elle a œuvré pendant 36 ans de sa vie puisqu’elle entend, d’ici quelques mois, d’aller faire des heures bénévoles au comptoir 100-FLA-FLA, une autre réalisation qui a vu le jour sous sa direction. « Pour la suite des choses, il y a des projets dans l’air, notamment pour mettre à profit les années d’expérience que ma collègue Nancy Gough dans la Baie-des-Chaleurs et moi avons cumulé. »

Pour Monic Caron, ce qui l’a marqué plus que tout au cours de sa carrière, c’est la fragilité de l’évolution sur les rapports hommes-femmes, mais surtout le courage de celles-ci qui ont fait confiance aux intervenantes et qui ont tout fait pour se sortir d’une situation malsaine. « Il ne faut jamais arrêter d’en parler parce que tout bascule tellement vite avec un commentaire déplacé ici et une interprétation discutable par là. Non, la violence conjugale n’est pas symétrique. Les femmes ont toujours été les principales victimes et faudra toujours dénoncer cette violence », conclut-elle.

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